Bannière
Vous êtes ici : Accueil » La confection » Vous avez dit macho ?

Vous avez dit macho ?

Envoyer Imprimer PDF
Index de l'article
Vous avez dit macho ?
Les médias, un miroir déformant
La parité n'est pas une douce utopie
Toutes les pages

Esclave domestique puis working girl libérée, et oui, les femmes sont aujourd'hui influentes en société ! Mais, mesdames, visiblement les médias n'ont pas encore tout à fait assimilé cette incroyable évolution. Bienvenue dans cet univers encore trop misogyne...

Comme dans le monde politique, les femmes sont souvent invisibles dans l'actualité. Sommet du G20 2010 à Séoul (crédit : Presidencia de la nacion argentina)

Je te vois déjà derrière ton écran, toi, individu de sexe masculin, te dire après avoir lu ces quelques lignes : "encore une foutue féministe !" C'est vrai, dès lors que l'on commence à parler des femmes et des inégalités dont nous sommes victimes, nous sommes forcément des Chiennes de garde.

Soyons clair : il n'en est rien. Mais vu les faits et les chiffres, il est normal de vouloir pousser un coup de gueule. Car non, tout ça n'est pas sorti tout droit de nos têtes, n'est pas le fruit de notre imagination. Constatez par vous-même : nous, les femmes, représentons un peu plus de 51 % de la population mondiale. Pourtant, dans les journaux, mais aussi à la télévision, à la radio et plus généralement dans les films et les publicités, nous sommes sous-représentées. Vous ne me croyez pas ?

Pour bien se rendre compte de la situation, une ONG canadienne, Mediawatch, recense le nombre d'hommes et de femmes dans les médias. La première enquête date de 1995, et depuis, tous les cinq ans, l'organisme sort des rapports en collaboration avec l'association des femmes journalistes (AFJ). Pascale Colisson, sa présidente explique que "tous les ans, l'AFJ collabore au GMMP (Global Media Monitoring Project)" et constate que cette année, "l'évolution est un peu plus positive". En effet, en septembre 2010, un nouveau rapport est sorti. Et premier constat : 24 % des personnes dont on parle dans l'actualité sont des femmes, 76 % pour les hommes. Une moyenne qui se veut légèrement supérieure pour la France : 26 % pour les femmes, 74 % pour les hommes.

En mars 2008 déjà, le gouvernement s'empare du dossier. Valérie Létard, alors secrétaire d'état chargée de la solidarité, demande à Michèle Reiser, auteure et membre du CSA, de constituer une commission. Le but ? Réfléchir à la représentation des femmes faite par les médias, quels qu'ils soient. Au sein de cette commission, des personnes de tous horizons : Inès de la Fressange, Malek Boutih ou encore Frédéric Taddeï. Le rapport qu'ils rendent en septembre 2008 est alarmant. Voire surprenant pour un pays comme la France au XXe siècle.

L'image des femmes en « régression »

La commission de Michèle Reiser s'est basée à l'époque sur l'étude Mediawatch menée en 2005. Et après comptage des médias du 16 février 2005 dans 76 pays, « les hommes comptaient, ce jour-là, pour 79 % des sujets de nouvelles », (p. 46). Mais le plus inquiétant, c'était que les chiffres relatifs à la France étaient encore plus mauvais : seulement 17,7 % de femmes apparaissaient dans les médias, pour 82,3 % d'hommes. Cette enquête, elle, a été réalisée en 2006 dans sept quotidiens. Le rapport sur l'image des femmes dans les médias montre successivement que les femmes ont moins de temps de parole que les hommes, à la télévision et à la radio, et surtout dans les émissions de libre antenne.

D'autres commissions avaient déjà été chargées d'étudier le sujet. En 2002, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe rendait également son rapport, à l'échelle européenne, sur l'image des femmes dans les médias. Sa conclusion sur le sujet : elle « reste encore trop négative et sexiste » et à l'époque, on parlait même de « régression ».

Où sont les femmes ?

Pour prendre conscience de ces inégalités homme / femme, rien de mieux que de faire son propre comptage. Pendant neuf jours, j'ai scruté les sources et les sujets de trois quotidiens nationaux. Du 2 au 4 décembre pour Le Figaro, du 6 au 8 pour Le Monde, du 9 au 11 pour Libération. A chaque fois, j'ai suivi la méthode Mediawatch, en indiquant le nombre de femmes et d'hommes qui apparaissent dans chaque article. Qu'ils soient cités comme sources ou comme simples sujets. Même si le panel de journaux observés est moins complet et diversifié que pour une véritable étude Mediawatch, les résultats sont évocateurs :

  Le Figaro
Du 2 au 4 décembre
Le Monde
Du 6 au 8 décembre
Libération
Du 9 au 11 décembre
TOTAL
Nombre de personnes citées 454 330 378 1162
Hommes cités 389 258 298 945
% hommes cités 86 % 78 % 79 % 81 %
Femmes citées 65 73 80 218
% femmes citées 14 % 22 % 21 % 19 %

Ils sont même sensiblement inférieurs aux résultats de cette année : 81 % des personnes citées sont des hommes, contre seulement 19 % de femmes. Carton rouge même pour Le Figaro avec seulement 14 % de femmes évoquées. Après ce premier recensement, je me suis penchée sur leur identité, en notant si les personnes étaient présentées par leur nom complet, seulement par leur prénom ou de façon anonyme. Comme l'indiquait le rapport, les femmes sont bien plus souvent appelées par leur prénom (7,5 %).

  Hommes cités Femmes citées
Nom + prénom 877 soit 93 % 174 soit 80 %
Prénom 13 soit 1,4 % 13 soit 6 %
Anonyme 57 soit 6 % 12 soit 5,5 %

Le même procédé a été utilisé pour les photos, recensées selon le sexe de la personne qu'elles représentent. (Les photos mixtes n'ont pas été rangées dans une des catégories).

  Le Figaro
Du 2 au 4 décembre
Le Monde
Du 6 au 8 décembre
Libération
Du 9 au 11 décembre
TOTAL
Total des photos utilisées 128 75 114 317
Photos avec des hommes 85 49 52 186
En % 66 % 65 % 46 % 59 %
Photos avec des femmes 14 11 29 54
En % 11 % 15 % 25 % 17 %

Le fossé est grand mais il ne découle logiquement que du fait que peu de femmes sont citées ou sujets d'articles. Phénomène marquant : dans Le Monde du 7 décembre, il n'y a qu'une seule photo de femme, en page 8. En l'occurrence, une photo miniature (3 * 3 cm) d'une femme présentée, d'ailleurs, comme "l'épouse de Manuel Rosales", un ancien candidat à la présidence du Vénézuela.



Les médias, "un miroir déformant"

Peu de femmes citées dans les journaux donc. Mais les stéréotypes sont également pointés du doigt. Victime, femme de, maman... Les images que les médias ont de la gent féminine sont souvent réductrices et parfois peu flatteuses. Et il y existe un véritable décalage entre la réalité et celle présente dans les médias. L'ouvrage Dites-le avec des femmes dévoile les chiffres de ce fossé en confrontant les résultats des études Mediawatch et les chiffres réels dans la société :

Catégories de personnes % de femmes
Mediawatch
Réalité % d’hommes
Mediawatch
Réalité
Population totale 17,25 51,34 82,75 48,66
Inactifs tous âges 42 56,6 58 43,4
Taux d’inactifs par sexe 34,5 40 10 25,4
Politiques 6 6 à 33 94 67 à 94
Cadres 15 40 85 60
Retraités 44 61 56 39

Et des clichés sur les femmes, il y en a plein la presse. Comme dans le traditionnel sujet des achats de Noël, dans Le Monde du 8 décembre (page 28). Vers qui la journaliste s'est-elle tournée pour des avis de clients ? Trois femmes, dont deux mamans. Dans le même esprit, toujours dans Le Monde du 8 décembre (page 13), pour illustrer un article sur la grande distribution, quoi de mieux que de photographier une femme (la fameuse ménagère de moins de 50 ans) en train de faire ses courses ? Enfin, dans Libération du 9 décembre, le lecteur découvre un dossier sur le Médiator. En page 4, deux témoignages de victimes. Deux femmes. Propos recueillis et retranscrits pour l'une d'elle : "je repasse dix minutes, je dois récupérer une demi-heure". Les femmes sont donc strictement réduites aux activités domestiques. Ce qui fait dire à Pascale Colisson que "les médias sont un miroir de la société, mais un miroir déformant".

Et que dire des sources citées ? Le plus souvent, des hommes, cadres ou politiques. Pour l'association des femmes journalistes, une simple solution de facilité : "les journalistes ont tendance à appeler régulièrement des experts hommes", explique la présidente de l'association. "Ce sont des raccourcis car l'homme était plus visible." Isabelle Germain, ancienne présidente de l'AFJ et fondatrice du site Les Nouvelles news, reconnaît cependant qu'il n'est pas toujours évident de donner la parole aux femmes. "Avant, je travaillais dans la presse économique et c'était difficile à faire. Les femmes n'ont pas souvent des postes importants et elles s'auto-censurent, tandis que les hommes n'ont aucun doute sur leur légitimité. Les femmes doutent, comme si elles intériorisaient leur infériorité."

Hommes au pouvoir, gare aux sujets masculins !

En plus de ne pas aller vers les femmes, les journalistes et patrons de presse ne cherchent pas forcément à les intéresser, voire à les inclure dans le contenu des journaux. Il ne faut pas s'étonner dès lors que la gent féminine ne lise que très peu la presse quotidienne. "Les patrons de presse sont souvent des hommes", souligne Isabelle Germain. En 2006, seuls 8,8 % étaient des femmes. "Et selon eux, les sujets intéressants sont ceux qui intéressent les hommes. Autrement dit, les sujets sur les femmes ne sont pas intéressants. Il y a clairement une hiérarchisation de l'information."

L'ouvrage Dites-le avec des femmes rapporte une enquête réalisée auprès de 165 Franc-comtoises pour connaître leurs rubriques favorites dans les journaux. Les cinq plus souvent citées sont celles des actualités, des arts et spectacles, de l'enfance et de l'éducation, de la santé et de la psychologie. Les lectrices vont plus naturellement vers ce qui constitue leur quotidien. Mais où est-il représenté dans les médias d'information dits "mixtes" ? La même enquête a été réalisée chez les hommes et cette fois-ci les rubriques les plus consultées sont les actualités, la politique, le monde, le sport et la société. Toutes ces rubriques que l'on trouve plus couramment dans les pages des journaux. Pour Isabelle Germain, le message est clair : "S'il y a peu de femmes dans les médias, c'est parce qu'elles sont moins aux postes importants. Et notre hiérarchie de priorité des sujets est différente de celle des hommes."


La parité n'est pas une douce utopie

La preuve, Isabelle Germain a lancé en septembre 2009 un webmagazine d'information, lesnouvellesnews.fr. Jusque là, rien de bien surprenant me direz-vous. Sauf que la volonté de sa fondatrice et des journalistes qui y collaborent, c'est de parler autant des hommes que des femmes. Et en y abordant tous les sujets. Un "autre genre d'info" peut-on lire sur la page d'accueil. Dans l'édito, Isabelle Germain parle également d'une "extension du domaine de l'info".

Sur le site, des sujets scolarité, emploi, politique, économie, sports, culture... toujours sans entrer dans la facilité et encore moins dans les stéréotypes. Plusieurs sont, par exemple, consacrés aux femmes sportives, souvent absentes des médias, surtout lorsqu'elles évoluent dans les sports collectifs.

Isabelle Germain nous explique le pourquoi de ce site :

Comment en vient-on à créer un site comme les Nouvelles news ?


Quand j'étais présidente de l'Association des femmes journalistes, nous faisions des enquêtes sur la place des femmes dans les médias avec Mediawatch. Nous le faisions depuis 1995 et rien ne bougeait. J'ai donc eu envie de faire un site où les femmes ne seraient pas stéréotypées. Pour le faire, j'ai quitté ma place dans un journal économique. Le plus dur, c'est de faire vivre ce site et trouver des fonds. J'ai du mal à trouver des investisseurs et des subventions.

Comment élaborez-vous la ligne éditoriale du site ?


Tous les matins, on fait une conférence de rédaction. C'est un peu compliqué à cause de notre équipe réduite. Nous sommes deux journalistes, moi et Arnaud Bihel, et une dizaine de pigistes. Ce que nous souhaiterions faire, c'est traiter toute l'actualité avec autant de femmes et d'hommes, en allant chercher des femmes qui sont numéro 2. Mais aujourd'hui, c'est impossible de parler de tout. En fait, pour moi, ce site est un prototype de ce que j'aimerais faire si j'avais des fonds.

Quel est votre regard sur la place des femmes dans les médias ?


Il y a un déni du truc assez flagrant. Les journalistes font les malins tous les 8 mars en critiquant, les politiques, les chefs d'entreprise, mais ils ne font pas leur autocritique. Les enquêtes Mediawatch, qui n'est pas quelque chose d'amateur, ou les rapports du gouvernement ne sont jamais repris dans les journaux. Après, on dit que je suis féministe. Le terme est souvent mal interprété. Pour moi, c'est tout simplement le prolongement de la démocratie.

Au XXIe siècle, il est inquiétant de constater que les femmes sont encore réduites à des stéréotypes de femmes soumises et au foyer. Pour inverser cette tendance et rendre sa visibilité au genre féminin, des solutions existent. « Dans les écoles de journalisme, il faut alerter sur le fait que l'information n'est pas neutre », prévient Pascale Colisson. « On parle trop peu de ce décalage entre ce que montrent les médias et la réalité. » En 2008, la commission menée par Michèle Reiser proposait de créer une mission d'observation et de suivi des stéréotypes féminins afin d'évaluer les progrès dans la presse. Le 13 octobre dernier, un accord a été signé entre les patrons de presse, Nadine Morano et le CSA. Environ 60 médias de la presse écrite, la télé et de la radio se sont engagés à faire intervenir plus de femmes. Mais cela suffira-t-il à rendre aux femmes la place qu'elles méritent vraiment ? La commission rendra son rapport sur le sujet dans un an...


Partager cette page

EN BREF

Prev Next

Le couperet tombe pour Charlie Hebdo

La société éditrice de Charlie Hebdo a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris pour licenciement abusivement envers le caricaturiste Siné. Maurice Sinet  avait été remercié après la publication d'une chronique le 2 juillet 2008 ironisant sur une possible conversion de Jean Sarkozy au judaïsme. Selon Philippe Val, directeur de publication de l'époque, ces propos pouvaient être perçus comme antisémites. Les éditions Rotatives devront verser 40 000 euros de dommages et intérêts à l'intéressé pour préjudices économique et moral, et publier leur condamnation dans l'hebdomadaire.

La fin du règne de Larry King

 Le roi du talk-show made in USA fera sa dernière émission vendredi 17 décembre sur CNN. Après 25 ans de carrière et plus de 50 000 interviews, Larry King et ses célèbres bretelles prennent leurs retraites. King est une véritable icône aux Etats-Unis. De Nixon à Obama, tous les présidents américains se sont succédés sur le fauteuil mythique du show de Larry King, avec des audiences pouvant aller jusqu'à 20 millions de téléspectateurs. La chaîne a réservé à son vétéran un final digne du King Larry.

RSF récompense le journalisme indépendant

Le prix de la liberté de la presse 2010  a été décerné par Reporters sans Frontières et la Fnac au journaliste iranien Abdolreza Tajik, ainsi qu'à la station de radio somalienne Radio Shabelle. Abdolreza Tajik, membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, a été responsable des pages politiques dans de nombreux journaux interdits par les autorités iraniennes. Il est aujourd'hui consacré pour la qualité de son travail et son engagement pour la défense de la liberté de la presse en Iran.  Incarcéré pour la troisième fois en juin 2010, il est toujours en prison. Radio Shabelle est la station  privée la plus réputée de Somalie pour son indépendance. Quatre de ses journalistes ont été assassinés en 3 ans, dont son fondateur Mokhtar Mohamed Hirabe.

L'actu médias en quelques clics

Les sources d'information médias sont multiples et nombreuses. Suivre l'évolution de ce petit monde en mutation peut être difficile tant il faut avoir l'oeil partout. Voilà pourquoi La Fabrique a décidé de rassembler en une seule page plus de 50 des principaux sites et blogs d'information traitant de l'actualité des médias et de réflexion sur son avenir. Ce rassemblement est évolutif, la rédaction est à l'écoute de suggestions pour améliorer ce concentré d'informations.

EcuRed : le monde selon Castro

Elle a près de 20000 articles, elle est élogieuse quand elle parle des dirigeants cubains et très critique quand elle parle des États-Unis, c'est, c'est , c'est... une nouvelle encyclopédie en ligne. Inaugurée très officiellement par le gouvernement cubain mardi 14 décembre, elle a l'ambition de concurrencer Wikipédia pour apporter un regard "décolonisateur" sur le monde et l'histoire. EcuRed, c'est son nom, reprend dans les grandes lignes le design de l'encyclopédie participative pour "créer et diffuser le savoir de tous et pour tous, depuis Cuba et avec le monde". Comme Wikipédia, tout le monde peut contribuer à cette somme de connaissances, mais c'est à la condition de s'être enregistré et pour cela, il faut avoir une adresse mail cubaine... L'étape suivante reste bien sûr que la contribution soit acceptée par un modérateur. Alors que les États-Unis y sont dépeints comme un "empire contemporain" qui a historiquement pris "par la force des territoires et des ressources naturelles d'autres nations", Fidel Castro y est dépeint comme un phare spirituel pour le monde entier : "Il participe désormais au débat d'idée à l'échelle mondiale. Avec son autorité morale, il influence des décisions importantes et stratégiques sur la révolution." Tous ces "articles objectifs" convaincront-ils les internautes ?

Le "Gotha noir"

A la manière du Who's Who, la bible du contact professionnel listant chaque année les 22 000 personnes contribuant au rayonnement de la France, la communauté noire a lancé son propre catalogue : le "Gotha noir". Il recense 200 femmes et hommes " au parcours exemplaire " et ayant "au moins un parent noir". Ce livre est édité par Club Efficience, un cercle de réflexion oeuvrant pour une meilleure visibilité des Noirs dans la société française.

En Hongrie, un projet de loi menace les journalistes et leurs sources

Il n’y a pas que les journalistes français qui rencontrent des problèmes lorsqu’il s’agit de protéger leurs sources. L’ENPA (European Newspaper Publishers Association) a exprimé des craintes, lundi 13 décembre 2010, sur un tout nouveau projet de loi du gouvernement hongrois. Si la loi venait à être votée, la liberté de la presse dans le pays serait grandement limitée puisqu’il deviendrait possible de condamner à de lourdes sanctions les journalistes et les entreprises de presse qui refuseraient de partager l’identité de leurs sources ou qui délivreraient des informations que le gouvernement considèrerait comme peu convenables.

Un caricaturiste traîné en justice par le président sud-africain

Le président sud-africain, Jacob Zuma, réclame 4 millions de rands (soit près de 450 000 euros) de dommages et intérêts au South Africa’s Sunday Times et un million de rands au dessinateur Jonathan Shapiro. En cause : une caricature publiée dans le journal en septembre 2008. Sur ce dessin, le président est représenté le pantalon au niveau des chevilles et s’apprête à violer une femme symbolisant la justice. Une caricature qui aurait, selon lui, endommagé sa réputation, alors qu’il s’apprêtait à entrer en campagne pour devenir président.

Qui sont les "sans-télés" ?

Dans son dernier livre Pas très cathodique. Enquête au pays des "sans-télé" (Éditions Erès, Sociologie clinique), le sociologue Bertrand Bergier s'est intéressé aux 2% de Français réfractaires au petit écran. De 2006 à 2009, il est parti à la rencontre de 566 de ces familles pas très cathodiques. Etudiants, sexagénaires retraités, ouvriers ou employés, ils ont tous abandonné le téléviseur " par choix " et non par économie. Ils ne sont pas coupés du monde non plus puisqu'ils " investissent beaucoup dans Internet et la presse ", dixit l'auteur.