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Dossier : Les Etats généraux de la presse

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Dossier : Les Etats généraux de la presse
Des États généraux pas si .net
Les pôles de débats et de propositions aux Etats généraux
Interview de Pierre Haski
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Pierre Haski jette l'ancre sur la Toile


Pierre Haski, président du directoire de Rue89Entretien avec Pierre Haski, président du directoire de Rue89, rencontré après la séance du 30 octobre des États généraux de la presse écrite. L'objet de sa participation : défendre sa paroisse, « sans illusions » comme il le rappelle dans son édito du 2 octobre. Pour faire en sorte que les « sites d'information indépendants soit traités de manière équitable par rapport aux médias traditionnels également présents sur le web ». Rue89 est un exemple de pure player : un site d'information qui n'existe que sur Internet, sans déclinaison papier.

La fabrique de l'info. Comment fonctionne votre site ?

Pierre Haski. Sur le plan social, les sites pure players traitent paradoxalement mieux leurs journalistes que certains sites de médias traditionnels. Convention collective, CDI et carte de presse profitent à tous nos journalistes.
Le parcours de la copie est sécurisé, similaire à celui de la presse écrite. Sur 15 journalistes, 3 sont webmasters. Ce sont eux les puissances validantes.

Vous avez le temps de relire tous les articles ?
Qui a décrété qu'Internet c'était le règne du vite-fait ? On a un journaliste d'investigation comme pour une rédaction normale. S'il revient au bout d'une semaine et qu'il n'a rien trouvé, il n'est pas viré. Nos journalistes sortent d'une école ou ont eu une expérience professionnelle avant. On a une structure de formation permanente interne : tout le monde est censé pouvoir tout faire. Internet peut être un lieu d'excellence journalistique. Malheureusement, les sites non adossés aux médias existants sont pénalisés.

Les quatre fondateurs venaient de Libération. Est-ce que ça a joué ?
Libé a toujours cette image d'innovateur dans la presse. Alors oui, on a fait un peu de captation d'héritage. Premier groupe constitué de journalistes qui ont basculé sur le net de manière cohérente, on a bénéficié d'une image pro, l'image de ce que Libé a eu de meilleur. C'était pas une initiative de zozos parisiens, mais un mouvement de fond.
Lancer un pure player, c'est plus facile que relever Le Figaro ou réformer le groupe Lagardère... On a la liberté absolue d'être sur une page blanche. On a un million de lecteurs aujourd'hui. Et bien sûr, on a été obligé d'inventer un modèle économique.

Lequel ?
On a choisi d'être en accès libre, gratuit. On voulait être un média généraliste, toucher le plus grand nombre. Or, l'acte d'achat n'est pas la pratique de la jeune génération. On ne voulait pas être un site de quadragénaires intelligents et fortunés. Et puis, les modes de lecture sont différents de ceux du papier. Les gens achètent UN journal toute leur vie, personne ne fréquente qu'un seul site. Réclamer l'exclusivité par le paiement, c'est contraire à la culture du web, c'est une hérésie.
En étant gratuit, on n'a pas eu à dépenser un centime en promotion. On a acquis notre notoriété de manière virale : on envoie des liens à ses copains. La part de lecteurs qui arrivent par Google sur Rue89 est deux fois inférieure à celle des sites d'information normaux. Avec le mur de l'argent, on n'aurait pas pu créer un tel réseau.

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Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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