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Dossier : Siné Hebdo

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Dossier : Siné Hebdo
Siné Hebdo, un journal qui marche
La fabrication de Siné hebdo
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La fabrication de Siné hebdo

« Je ne crois pas du tout aux enquêtes qui se font en deux jours »

La fabrique de l'info. Les premiers numéros faisaient la part belle aux chroniques d'humeurs; depuis quelques semaines, la rédaction de Siné hebdo entend faire évoluer le journal. Plus d'investigation, de dossiers, de fond quoi !


La fabrique de l'info. Comment se passe la collaboration avec des chroniqueurs ?
Catherine Sinet.
Comme je le disais, le journal s'est fait en 3 semaines. Donc, j'ai battu le rappel de nos carnets d'adresses et de nos signataires (NDLR : de la pétition de soutien à Siné). Soixante personnes ont accepté de faire une petite chronique dans Siné hebdo. Bedos, Onfray, Aléveque, Didier Porte, Gaccio, Delfeil de Ton, Filoche... On connaissait leur travail, ce qu'ils écrivaient, mais il y en a beaucoup qu’on n’avait jamais rencontré. Ce n'était pas tous des amis, mais plutôt une famille de coeur.
Ensuite, on a déterminé qui ferait quoi. Porte s'occuperait des médias, Bedos allait faire des humeurs... Au début du journal, c'était surtout des humeurs d'ailleurs. Maintenant, de plus en plus, on canalise les sujets. En général, ils m'appellent dans la semaine pour qu'on discute des sujets, sinon ils parleraient tous de la même chose. On se coordonne, on leur envoie les sujets de la semaine, les prévisions. Et chacun est un peu dans sa niche, plus culture, plus actu. Denis Robert ne fait pas le même boulot par exemple que Bouyxou. Lui il est cinéma, Filoche est droit du travail, Concialdi est plus économie, ça a été du pain béni avec la crise.


On a vu dans le dernier numéro une double page consacrée à Noam Chomsky, est ce qu'on peut y voir une volonté d'entrer plus dans un journalisme d'investigation ?


Absolument. On nous a dit qu'il n'y avait pas de papiers. Non, désolée, il y a quand même des papiers. (NDLR: elle feuillette le numéro 11). Cette semaine, par exemple, Federman nous fait un grand truc sur la réforme hospitalière, Mercurio a fait un papier qui s'appelle les Babayaga, qui est typiquement un papier d'enquête. Avec Warschawsky, notre correspondant permanent à Jérusalem, on reçoit des nouvelles d'Israël, on a Baillargeon, notre correspondant au Québec, Delessert, aux Etats-Unis... Mais, faire évoluer le journal, ça prend du temps, ça prend de l'argent. Moi je ne crois pas du tout aux enquêtes qui se font en deux jours, sinon on parle pour ne rien dire. Il faut débloquer des sous. Là par exemple, le dessinateur Delépine est parti dans le Nord pour suivre des problèmes de délocalisations. On va en lancer de plus en plus.


Vous entendez les critiques qui disent que votre journal est une compilation d'éditos ?
J'entends les critiques, oui. C'était vrai sur les trois ou quatre premiers numéros. Ca devient de moins en moins vrai. Je vous dis je suis une journaliste dans l'âme. Encore une fois je ne crois pas au journalisme qui se fait derrière son desk avec les dépêches de l'AFP.


Par exemple, dans le numéro 4, il y avait une chronique de Maurice Rajsfus intitulée "Qui nous protège de la police ?" Quelle légitimité donnez vous à ce genre de chroniques qui semblent non sourcées, non vérifiées ?


Maurice Rajsfus fait depuis 20 ans un petit journal, qui est maintenant sur internet, où il réunit toutes les bavures policières. Donc, c'est sourcé, c'est vérifié. Il a son réseau d'informations.
Les références à Charlie Hebdo sont nombreuses, que ce soit dans la maquette, le titre...
(NDLR: elle nous coupe.) Ah oui alors il faut refaire l'histoire ! La maquette de Charlie, c'est Siné qui l'a faite. Et le premier Charlie est sorti après deux journaux que Siné avait fait : L'enragé et Siné massacre. En fait Charlie s'est directement inspiré des journaux de Siné et pas le contraire. On n'a pas un seul dessinateur de chez Charlie. On en a trouvé des nouveaux dessinateurs qui n'avaient jamais publié.

En savoir plus sur le net :
Le blog de Siné
Toute l'affaire Siné-Val sur le site du nouvel observateur



 

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Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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