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Dossier : Siné Hebdo

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Les dessins, la force de Siné hebdo

« On essaie de revenir au dessin de qualité »


Dans les 16 pages du journal, les jeunes dessinateurs côtoient les pointures. Volonté affichée: dénicher des talents et refaire vivre le dessin.


La fabrique de l'info. La force de Siné hebdo, est-ce que c'est justement les dessins ?
Catherine Sinet.
On essaie de s'éloigner de la BD, on est très attaché au « oneshot », c'est à dire aux dessins purs, avec le moins possible de texte. C'est une habitude qui s'est perdue. On essaie de revenir aux dessins qu'on trouve, nous, de qualité. On essaie de refaire un oeil aux jeunes, par exemple avec la dernière page du journal, consacrée à un seul grand dessin, qui est étonnante. Par exemple, Sergio, Bench qui travaillent avec nous cette semaine (NDLR: numéro 11), vous ne les avez jamais vu ailleurs.

Vous avez une rubrique "dessins refusés". Est-ce que vous en recevez beaucoup ?
On en a reçu beaucoup mais c'est une idée un peu imbécile pour ne rien vous cacher. Parce que pour beaucoup, on comprend qu'ils aient été refusés (rires). Pendant trois, quatre numéro, on n'en a pas publié, parce qu'on trouvait qu'ils étaient trop mauvais.


Par exemple, on a souvenir d'un dessin dans la rubrique "refusé" qui représentait Bush et les deux tours du World Trade Center derrière. Le texte disait « Bush élu à deux tours ». On peut s'étonner qu'il ait été réfusé par trois journaux ?


Ben oui mais on ne rigole pas avec le 11 septembre. Les rédactions sont dures. La loi du consensus marche fort. Et même les dessinateurs avec qui on travaille, on doit les pousser. Vous ne pouvez pas savoir! Par exemple Jiho, le premier mois, on lui refusait tout, c'était trop mauvais. On lui disait « lâche toi! Travaille !» Maintenant on en publie beaucoup parce qu'il est devenu bon. Faut voir le niveau quand même de ce qui passe dans la presse... Ils font des trucs gentillets, sans intérêt, quoi. Et puis beaucoup de dessins ont déjà été faits, ils se reprennent les idées les uns les autres. A la rédaction, on a Loup qui s'occupe de la direction artistique ; c'est une espèce d'encyclopédie vivante du dessin. Dès qu'il voit une idée, il dit « Ah ben oui d'accord, mais celui là, il a déjà été fait ! » Ce n’est pas évident d'avoir une idée neuve à chaque fois.


Vous avez l'impression qu'ils se lâchent un peu maintenant ?

Ils commencent et ça vaut pour les dessinateurs comme pour les journalistes. Mais ça reste dur de trouver des gens qui se lâchent.


D'où vient la retenue ?
Les rédactions ne veulent plus de papiers qui dérangent. Et les journalistes ont perdu l'habitude ! Il y en a plein qui m'envoient des papiers. Je leur dit « Non mais attendez, excusez moi, vous n'avez pas travaillé là! Vous n'avez pas fouillé, c'est du blabla! » Ils me répondent « Ah mais tu veux vraiment que j'aille fouiller ? » Quand on ne vous sollicite pas pour faire du travail de fond, on n'en fait plus. A force d'être bridé de s'entendre dire « Ah il ne faut pas employer ce mot, ça va choquer » ou par exemple « là c'est une société qui dépend de Lagardère, ça va briser notre carrière ». Il y a une espèce d'autocensure. Maintenant, il ne faut plus utiliser le mot censure mais autocensure.


Vous même, est ce que vous avez déjà été choquée au point de comprendre pourquoi des dessins sont censurés ?

Choquée, non; c'est surtout qu'ils étaient mauvais. Très "pipi-caca". Montrer des sexes c'est un peu facile aussi.


Il en faudrait peut-être beaucoup pour vous choquer...
Oui, c'est vrai (rires), c'est vrai. On crie plutôt d'horreur parce que c'est vilain. Par contre, on est choqué par des dessins d'extrême droite qu'on a reçus, mais on a décidé de ne jamais parler de tout ça.

En savoir plus sur le net :
Le blog de Siné
Toute l'affaire Siné-Val sur le site du nouvel observateur



 

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Edito - Novembre 2008

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A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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