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Dossier : Journaliste politique en campagne

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Dossier : Journaliste politique en campagne
Le rôle du journaliste politique - vidéo
L'interview de Jean Petaux, politologue
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C'est bien connu, le téléspectateur apprécie quand le journaliste rentre dans le lard de l'homme politique. Mais est-ce qu'une question agressive est gage d'un travail de qualité, de critique journalistique ?


Le rôle du journaliste politique

Retour huit mois en arrière. La campagne municipale de Bordeaux bat son plein. Les deux principaux candidats sont Alain Juppé, maire sortant, et Alain Rousset, maire de Pessac. Les deux principaux challengers viennent de débattre sur le plateau de France 3 en direct.
Toit de l'IUT de Bordeaux. Alain Juppé a choisi cette terrasse qui surplombe le quartier Sainte-Croix pour annoncer les axes principaux de sa campagne. Entouré des membres de sa liste, fraîchement composée, il s'adresse à une dizaine de journalistes, médias locaux et nationaux confondus, de Sud-Ouest au Monde, en passant par TV 7, France 3 Bordeaux à I TV, etc.

L'envers observé. Pour une fois, notre caméra n'est pas braquée uniquement sur le candidat. Nous filmons les journalistes en plein travail durant la conférence de presse. On écoute les journalistes d'I TV, puis de France 3 poser chacun une question. Alain Juppé s'exprime sur son rapport avec les journalistes. Laurent Lataste, journaliste à France 3 Bordeaux et Claudia Courtois, correspondante au Monde, se prêtent au jeu des réponses face caméra. Dur pour eux d'être interviewés!


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« Il faut s'aligner sur une proximité éloignée »


Formuler des hypothèses, analyser, critiquer...Les fonctions nobles du journaliste politique qui assume ce qu'il dit, ce qu'il écrit. Quelles techniques sont les meilleures? Comment remplir son rôle de journaliste politique au mieux?
Jean Petaux, politologue et enseignant à SciencesPo Bordeaux donne quatre recettes.


La fabrique de l'information. Comment rester à proximité du candidat tout le long de la campagne sans tomber dans la connivence ?
Jean Petaux.
Il faut s'aligner sur une proximité éloignée. Il faut faire en sorte de voir les choses de près pour absorber le maximum d'éléments. J'appelle cela la technique du camouflage. Il faut se fondre sur le terrain pour que l'homme politique oublie que vous êtes là à l'observer. Et tout cela en maintenant une distance pour empêcher tout signe de connivence de se manifester.

Comment utiliser les sondages de la manière la plus intelligente qui soit?
Les sondages font partie de la connaissance du terrain. C'est un outil parmi tant d'autres surtout quand on va au plus précis des sondages. Mais les journalistes qui regardent seulement la partie immergée des sondages s'arrêtent à la facilité. La partie cachée des sondages est beaucoup plus passionnante. Calculer le nombre de votants par catégorie sociale, d'âge, de profession, par arrondissement est plus utile

Le type de questions est-il révélateur?
Je ne m'occupe pas de savoir si ma question est amère ou sucrée car la même question à deux personnes différentes n'est pas accueillie pareil. Elle raisonne différemment. Je ne pense pas que l'interviewer agressif soit plus efficace que l'interviewer complaisant. Cela ne joue pas sur l'efficacité, la qualité de l'analyse qu'il apportera ultérieurement.

La presse a t-elle le droit de se prendre pour le quatrième pouvoir ?
Je ne crois pas que ce soit son rôle. Par exemple, les journalistes ont élu Alain Juppé, meilleur maire. Ils n'ont pas à donner des distinctions. C'est une dérive nominative. C'est une vraie hypocrisie dans l'exercice.


A partir de ces règles, fondamentales à connaître, le journaliste politique fait sa petite mayonnaise de toutes ces pratiques possibles : questions directes ou ouvertes, étude approfondie des sondages ou pas, questions agressives ou complaisantes, reportage de communication ou reportage d'analyse, le choix d'un mot plutôt qu'un autre. Tous ces ingrédients mélangés donnent un propos personnalisé qui fait la force du journaliste politique. A ce moment là de la cuisson, il a entre ses mains le pouvoir de nuire ou d'aider le candidat. Et à chaque fois que plusieurs journalistes se rejoignent dans leurs analyses, ils forment alors le quatrième pouvoir de la démocratie française .

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Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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