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Dossier : La guerre des quotidiens sportifs

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Dossier : La guerre des quotidiens sportifs
La guerre est déclarée
Eric Maîtrot « Ce n’est pas comparable »
10 Sport vs Aujourd’hui Sport : le match… nul
Lafont dans l’ombre
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Eric Maîtrot : « Ce n’est pas comparable »

Ancien journaliste à L’Equipe, Eric Maitrot a rejoint la rédaction de Le Sport il y a maintenant plus de 20 ans (1987-1988). Pour lui, le lancement de ces nouveaux quotidiens relève d’abord d’une « démarche marketing »

La fabrique de l'information.Après une longue période de monopole, L’Equipe voit la concurrence arriver avec plusieurs titres dont notamment le 10 Sport. Comment expliquez cette agitation du secteur des quotidiens sportifs français ?

Eric Maîtrot : Il y a plusieurs phénomènes qui se croisent. D’abord, le questionnement qui existe du côté de L’Equipe qui a reporté son passage en format tabloïd cette année. L’Equipe traverse une petite crise de lectorat malgré une année riche en évènements sportifs et les dirigeants en cherchent les causes. C’est une situation préoccupante car cette année, la presse quotidienne nationale s’est globalement maintenue.
Ensuite, il y a la création du pôle pluri médias du groupe d’AlainWeill avec notamment l’agence RMC Sports qui va fournir du contenu pour le 10 Sport mais aussi pour le quotidien économique La Tribune. Il y a eu aussi la rencontre entre Alain Weill et Michel Moulin. Moulin a eu envie de se lancer dans un quotidien qui traitera principalement du football et Weill va lui fournir du contenu. Enfin, il y a Robert Lafont qui se lance aussi (ndlr : en janvier 2009). C’est un homme de coups, il avait racheté Le Sport à l’époque. Je pense qu’il s’agit plus d’un réflexe opportuniste. Il a vu qu’il y avait un bouillonnement et a décidé de se lancer. Maintenant, les deux peuvent séduire, je ne fais de procès d’intention mais ce sont des petits poucets qui doivent faire leurs preuves.

La réaction d’Amaury ne s’est pas faite attendre avec l’annonce de la future sortie d’un nouveau quotidien également à 50 centimes.
C’est vrai, ils ne sont pas restés les bras croisés longtemps. Ils procèdent comme ils ont pu le faire à l’époque avec Le Sport ou avec le projet de lancement d’un Bild à la française. Ils contre-attaquent pour occuper le marché. La stratégie des différents acteurs n’a rien de mystérieux.

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Sur quoi va se faire la différence entre les différents titres ?
Le marché de la presse n’est pas florissant. Ce n’est pas un marché où tout le monde se jette sur les journaux. L’effet prix est très important. La différence va se faire sur les unes et sur le contenu. Les gens vont juger sur pièce, sur la une et sur l’offre d’informations.

Michel Moulin se donne un mois pour réussir, c’est court non ?
Effectivement, ça me semble très court, c’est assez inquiétant. On peut craindre que s’il ne se donne qu’un mois, cela bascule éventuellement dans la surenchère, notamment au niveau des rumeurs de transferts ou des petites phrases.

Vous faisiez partie à l’époque de la rédaction de Le Sport qui avait tenté de concurrencer L’Equipe. Est-ce que les deux situations sont comparables ?
Pas vraiment. Notre ambition était à l’époque de traiter le sport autrement, comme une matière vivante, à travers notamment des approches économiques, sociologiques ou des faits divers. Libération ou L’Equipe Mag le faisait déjà d’ailleurs à l’époque. Là, les choses sont différentes. Avec un prix bas, il s’agit d’abord d’une démarche marketing même s’il peut y avoir un contenu intéressant. Et puis avec la rapidité de la diffusion de l’information, les choses ont changé, garder un scoop est beaucoup plus difficile.



 

Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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