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Dossier : Zoom sur les critiques cinéma

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Dossier : Zoom sur les critiques cinéma
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Les critiques peuvent-ils tout dire d'un film partenaire de leur média?
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Les critiques peuvent-ils tout dire d'un film partenaire de leur média?


Un film France Inter, Libération soutient très fort ce film, Télérama vous invite au cinéma... De plus en plus de médias, spécialisés ou non dans le cinéma, s'associent à des films lors de leur sortie. Dans ce contexte, la frontière entre communication et information peut sembler ténue.

Régulièrement, entre deux articles publiés dans Télérama, le lecteur découvre une invitation à aller voir en avant première un film soutenu par l'hebdomadaire. « Traditionnellement, nous nous associons à un film par mois pour inviter les lecteurs à le voir avant sa sortie et susciter le bouche à oreille, notamment en région», souligne Aurélien Ferenczi, rédacteur en chef délégué de Télérama. «Le journal est un précurseur en ce qui concerne les partenariats, nous avons commencé dans les années 1980-90 »
Aujourd'hui, de nombreuses publications spécialisées dans le cinéma, des quotidiens et des radios généralistes ont suivi cet exemple. Et la décision de soutenir un film plutôt qu'un autre n'incombe pas uniquement aux journalistes.
A France Inter, le choix revient à la direction de la communication de la station. Pour Télérama et Libération, la sélection se fait au niveau du service marketing, en collaboration avec les journalistes de la rubrique cinéma. 

Culture et pub
Mais pour les radios aussi bien que pour la presse, il ne s'agit pas uniquement de jouer un rôle de mécène. Les partenariats permettent aux distributeurs et aux médias de lier culture et intérêts économiques.
« Pour les distributeurs, cela permet d'avoir de la publicité à un tarif réduit dans le journal , explique Aurélien Ferenczi. Et nous, nous pouvons apposer notre logo sur l'affiche. » A Libération et sur France Inter, la contrepartie est similaire. Les films associés bénéficient d'encarts publicitaires dans les pages du quotidien ou d'annonces régulières à l'antenne.

Un journaliste peut-il malgré tout dire ce qu'il veut de ces films sans tourner sa langue sept fois dans sa bouche au préalable?

« Le seul critère, pour Aurélien Ferenczi, est que la rédaction écrive une critique positive .» Cela pourraît passer pour un aveu de faiblesse des critiques vis-à-vis des distributeurs. Cependant, les journalistes de Télérama précisent que les films retenus entrent dans les critères établis par le cahier des charges de l'hebdomadaire. Des films censés plaire à ses lecteurs, « intellos de gauche. Cinéphile, mais pas trop », selon Pierre Murat, critique à Télérama et intervenant régulier au « Masque et la plume » sur France Inter.

Difficile d'imaginer «Astérix aux Jeux Olympiques » bénéficier du « label » Télérama. « Nous souhaitons surtout soutenir des films qui ont peu de moyens », insiste Pierre Murat.
A Libération, la liberté de parole ne semble souffrir aucune contrainte.  « On est partenaire parce qu'on aime le film, parce qu'on soutient l'œuvre. C'est la base de la base, soutient Gilles Renault. On écrit ce qu'on veut. Mais c'est impensable d'être partenaire si on n'aime pas le film. »

Les critiques de Télérama soulignent quant à eux la diversité d'opinions qui peut régner dans la rédaction. « A ma connaissance il n'a jamais existé d'ambiguïté à Télérama sur l'indépendance des critiques, estime Pierre Murat. Même si parfois des lecteurs me demandent combien j'ai touché pour dire du bien ou du mal de tel ou tel film! »

Critiques et débats à la radio
Même sentiment d'incompréhension parfois chez les journalistes de France Inter. « Nous avons reçu des mails d'auditeurs qui n'ont pas apprécié que l'on parle tant du film Mesrine (Film Inter, ndlr), note Vincent Josse, journaliste culturel et producteur de l'émission « Esprit critique ». Les gens jugent le traitement que l'on en fait sans avoir vu le film. »

La promotion du film a été très importante à l'antenne le jour de sa sortie. Le mercredi 22 octobre, pas moins de trois émissions ont été consacrées au braqueur ou au long métrage. « Esprit critique », dans la matinale, « 2 000 ans d'histoire » en milieu de journée, puis le « Téléphone sonne » en début de soirée. Une omniprésence qui, selon Vincent Josse, ne nuit pas à l'indépendance des journalistes: « Eva Bettan, spécialiste du cinéma sur Inter, a émis des réserves sur le film, affirme-t-il. Ça se sentait dans ses questions. On a a pu sentir que Jean-françois Richet, le réalisateur, était destabilisé à certains moments lorsqu'il y répondait.»

Laurent Delmas, également journaliste à France Inter et présentateur de l'émission « On aura tout vu », précise que la tranche information , à laquelle appartient « Esprit critique » et le reste de la programmation sont totalement indépendants. « Il est évident que c'est la direction de la communication qui a proposé à Alain Bédouet et à Patrice Gélinet de consacrer leur émission à mesrine, mais s'ils avaient refusé de le faire, personne ne les aurait forcés. »

Le journaliste insiste sur la distinction à faire entre les annonces pour les films Inter régulièrement diffusées sur les ondes, simple stratégie de communication, et les émissions dans lesquelles les critiques donnent des informations sur les sorties cinéma, « parfois même sans préciser qu'il s'agit de films Inter.»

Cette liberté de ton revendiquée par les journalistes semble bien réel. Comme à Télérama, sur France Inter, les films partenaires ne font pas automatiquement l'unanimité. Dans « On aura tout vu », « La vie moderne », de Raymond Depardon, n'a pas suscité l'enthousiasme des deux critiques de l'émission. Encensé par le journaliste Laurent Delmas, le film a été accueilli très fraîchement par Christine Masson. Finalement, donner des avis contradictoires est peut-être la meilleure stratégie marketing pour attiser la curiosité des lecteurs et des auditeurs... et les pousser dans les salles.

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Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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