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Les magazines de fin de semaine à la rescousse des quotidiens

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Les magazines de fin de semaine à la rescousse des quotidiens
Trois questions à Jean-Marie Charon
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Trois questions à Jean-Marie Charon,
sociologue des médias

charon brune


Pourquoi la France a-t-elle mis si longtemps à lancer des offres week-end ?

 

Dans le contexte de l'après-guerre, la politique était considérée comme le seul genre journalistique noble. La presse a mis beaucoup de temps à s'ouvrir à d'autres domaines comme la science ou la culture. Dans le même temps, la société française, elle, commençait à se modifier. Et puis il y a eu une erreur complète d'appréciation et d'analyse de la part des spécialistes de la presse. On a cru pendant longtemps que le week-end était un moment où les Français n'ont pas envie de lire. Donc on faisait des journaux plus légers avec des paginations plus faibles.

Quand on s'est aperçu, dans les années 80 que les offres de fin de semaine dans les pays anglo-saxons mais aussi en Italie ou en Espagne marchaient bien, c'était trop tard. Le tournant n'a pas été pris au bon moment. Dans le milieu de la presse, lorsqu'il y a un vide sur un marché, il est automatiquement comblé. Là, le vide a été comblé par les Newsmagazines (L'Express, Nouvel Obs, puis Le Point et L'Evènement du Jeudi) mais aussi par Le Figaro qui a réussi à s'engouffrer dans la brèche. Le secteur est devenu sur-développé et il était trop difficile de trouver un espace original et attractif pour la presse quotidienne nationale.

 

L'offre de fin de semaine est-elle une bonne solution face aux problèmes économiques que rencontre la presse quotidienne ?

 

On ne sait pas trop. Il faut attendre pour le savoir (exception faite du pack week-end du Figaro qui marche très bien). L'interrogation est ailleurs. Il va falloir trouver comment va s'opérer l'équilibre entre le numérique et l'imprimé. Je pense qu'il faut certainement se demander si l'imprimé paraîtra encore tous les jours. S'il y aura encore des quotidiens qui sortiront tous les jours ? Ou s'il n'y aura pas plutôt un quotidien en forme de magazine qui ne sortirait plus qu'en fin de semaine ? Le reste de la semaine, les lecteurs consulteraient alors le site Internet du titre.

 

Les quotidiens ne risquent-ils pas de perdre une partie de leur lectorat avec ce genre de magazine « lifestyle » ?

 

Tout est question de dosage. Le public français est beaucoup plus publiphobe que le public italien par exemple. Pour qu'un magazine soit bien accepté en France, il faut que le contenu rédactionnel ait une valeur ajoutée par rapport au nombre de pages de publicité présentes dans le magazine.

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