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Vers le futur de la presse cinéma ? L’exemple Vodkaster

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Vers le futur de la presse cinéma ? L’exemple Vodkaster
Presse cinéma : négocier le tournant du web
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Presse cinéma : négocier le tournant du web
 

Le magazine Studio a fusionné avec Ciné Live en 2009 pour donner vie à Studio Ciné Live.

 




Au-delà de Vodkaster, la communauté des cinéphiles geeks s'est globalement emparée du web. A la pointe en matière d'innovation web et présents sur toutes les plateformes, les blogueurs ciné exercent beaucoup d'influence dans la promotion d'un film. "Ils sont très convoités par les professionnels comme relais d'information" constate Mathieu Gayet, l'un des leurs. Selon lui, leur travail de rédaction et d'édition mériterait d'être mieux reconnu. Comme un vrai travail journalistique. Pour Fabrice Leclerc, les blogueurs d'aujourd'hui sont en fait les nouveaux avatars des passionnés d'hier : "C'est la même passion, mais avec plus de réactivité et de partage. Les modes d'expression ont changé. Moi, à 15 ans j'avais un fanzine. Ma bande de copains et moi, on nous appelait les "Fanzinards". On distribuait les canards dans les cinoches."

 

Le web a bouleversé la donne, y compris en matière de presse cinéma. Le support internet a bien sûr des avantages, des services en plus. Une forme d'écriture augmentée qui va au delà de la simple critique" admet Pierre Billot. Mais Fabrice Leclerc préfère insister sur la plus-value de l'éxpérience des revues papier : "C'est nous qui générons l'information, on la devance, sur Internet, ils reprennent nos infos. Et si Leonardo Di Caprio vient en France pour donner une interview, c'est à nous qui la donnera, pas à Vodkaster". Les revues spécialisées en cinéma restent des références pour les cinéphiles. Avec un million de lecteurs par mois, Studio Ciné Live ne se sent pas concurrencé. "On ne pourrait pas se passer du papier, il y a beaucoup plus de contenu et de réflexion". Mathieu Gayet n'est pas d'accord. "Le papier manque cruellement d'originalité et de pertinence face à l'émergence d'une communication plus directe et spontanée sur internet. En terme de magazine cinéma, j'ai largement de quoi me nourrir en ligne. Malheureusement peu de magazines papiers ont su passer au numérique avec succès."
 

Et c'est peu dire. Les Cahiers du Cinéma et Positif ne proposent aucun contenu en ligne. Brazil a arrêté de publier juste après être passé au 2.0. Seuls Première et Studio Ciné Live s'en sortent bien. Fabrice Leclerc n'oublie pas de le rappeler : "On a 800 000 vues par semaine, on a rien à envier aux autres sites de cinéma". Un succès incontestable, dû en partie à la fusion du site avec la page "Culture" de lexpress.fr. Bien sûr, ce serait une erreur stratégique de ne pas être sur internet, mais la bonne information d'aujourd'hui est forcément bi-média, entre profondeur et immédiateté."

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