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XXI, dans les pas d'Albert Londres

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XXI, dans les pas d'Albert Londres
Une revue à contre-courant
Interview de Sophie Bouillon
Un nouveau souffle pour le BD reportage
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Une revue à contre-courant

Aux antipodes des chaînes de télévision en continu et des 140 caractères maximum de Twitter, la revue XXI est un ovni dans le paysage médiatique français. A coup de longs récits et d'illustrations soignées, XXI renoue avec la tradition du grand reportage.

« Et la lune regarde la scène, stupéfaite. Elle est là, ronde, parfaite, posée sur le ciel obscur ». Ce pourrait être le début d'un roman. Pourtant, ce sont les premières lignes d'un reportage paru dans le magazine XXI, en janvier 2008. Écrit par Sophie Bouillon, journaliste en Afrique du Sud, ce reportage a reçu en 2009 le prix Albert Londres. Et ce n'est pas un hasard, pour cette revue qui s'efforce depuis bientôt deux ans de marcher dans les pas de ce pionnier du grand reportage.

Puisque XXI doit son nom à ce nouveau siècle, des journalistes, romanciers, historiens et dessinateurs donnent vie à des récits venus du monde entier. Dans le dernier numéro, un reportage photo suit une famille d'Albanais pour qui l'honneur et la vengeance régissent les rapports humains. Un peu plus loin, le lecteur traverse à pied l'Amérique centrale aux côtés de ces « femmes courage » qui rêvent de rejoindre les Etats-Unis.

« Etre dans la vague et pas dans l'écume »
Au diable, donc, la dictature de l'actualité! Chez XXI, on ne se laisse pas assaillir par les flux incessants de l'information. « L'information aujourd'hui est déconnectée de la réalité. On nous dit que la crise financière représente 15 000 milliards de dollars. Mais ce sont des chiffres totalement virtuels » regrette Patrick de Saint Exupéry, le rédacteur en chef de la revue. Pour lui, les thèmes de grand reportage doivent sortir des sentiers battus. Avec toujours une idée fixe : « être dans la vague et pas dans l'écume » selon la métaphore du fondateur de la revue. Il a l'ambition de montrer et de raconter le monde en profondeur, toujours en apportant quelque chose de nouveau. « Quand on nous annonce les chiffres du chômage, on a l'impression que tout est dit. Nous, on part du principe qu'il y a toujours des choses à dire. »

Longs débats et discussions
Encore faut-il trouver le sujet à contre courant. XXI travaille quasi exclusivement avec des pigistes qui sont déjà sur le terrain. Lorsqu'ils ont une histoire à raconter, ils la proposent au rédacteur en chef. S'en suivent de longs débats et discussions sur le traitement du sujet. « Les journalistes aiment travailler pour XXI car ils ont le temps de faire un vrai travail de reportage, ce qui est très rare » explique Pierre Christin, auteur d'un BD reportage dans le dernier numéro. « En plus, ils sont très bien payés. » Un reportage dans la revue rapporte entre 3 000 et 5 000 euros à son auteur. Rien d'étonnant alors à ce que de grands noms du journalisme français aient accepté de suivre l'aventure. C'est le cas notamment de Sorj Chalandon ou de Laure Mandeville.

Dans l'esprit XXI, il n'y a pas de sujet pertinent sans forme audacieuse. Chaque reportage doit se lire, ou se regarder comme une histoire. Et la revue n'hésite pas à bousculer les genres. Récits à la première personne, BD reportages, photo reportages... XXI fait même souvent appel à des écrivains qui savent manier la plume. « On rassemble l'univers du récit dans tous les genres », explique Patrick de Saint Exupéry.

« Retour aux sources »
XXI, un ovni dans la presse française ? Le grand reportage, très présent dans la presse anglo-saxone, a presque disparu du paysage médiatique français. Aux Etats-Unis, The New Yorker, Harper's et Vanity Fair remplissent les kiosques. Ces magazines ont gardé des correspondants aux quatre coins du monde, et n'hésitent pas à publier des reportages de 20 pages. Mais cette culture du récit journalistique, appelé « narrative writing », n'est pas la seule inspiration de XXI. « Avant de penser au modèle américain, c'est d'abord un retour aux sources du journalisme français. Il ne faut pas oublier que Joseph Kessel et Albert Londres étaient français. »

« A mi-chemin entre le journalisme et l'édition »

En 8 numéros, XXI a connu un succès supérieur aux attentes des deux fondateurs, Patrick de Saint Exupéry et Laurent Beccaria. « Au début, on tablait sur 25 000 exemplaires ». Objectif largement atteint aujourd'hui puisque chaque numéro se vend à 39 000 exemplaires. Bien, « mais on peut toujours mieux faire », confie modestement le rédacteur en chef.Comment expliquer un tel succès malgré un prix de 15 euros ? D'abord, par la niche que XXI occupe dans la presse française et ensuite par son mode de distribution. La revue n'est pas vendue en kiosques, mais dans les magasins Relay, les grandes surfaces culturelles et les librairies. « Ce choix s'est imposé à nous naturellement, car nous sommes à mi-chemin entre le journalisme et l'édition. » Et l'idée a fait ses preuves : quand les lecteurs achètent XXI, ils achètent davantage un livre qu'un magazine.

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Edito - Décembre 2009

Rédactions en chaîne

Dans ce nouveau numéro de La fabrique de l'info, nous allons parcourir les coulisses d'un journalisme en pleine mutation. Un journalisme dans lequel nous mettrons les pieds l'année prochaine. Futurs maillons de la chaîne, nous avons choisi d'isoler ce qui compose la fabrication de l'information.

Dans la Salle des machines, prenons un peu de recul vis-à-vis des outils mis à notre disposition pour informer. Nous faisons le pari que Twitter deviendra un média à part entière, en tant que vecteur d'informations. Comment ce réseau social bouleverse notre rapport à l'actualité et son traitement ? Et que viennent y chercher les journalistes ?

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