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XXI, dans les pas d'Albert Londres

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XXI, dans les pas d'Albert Londres
Une revue à contre-courant
Interview de Sophie Bouillon
Un nouveau souffle pour le BD reportage
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« Oublier sa condition de journaliste »

Sophie Bouillon est journaliste indépendante à Johannesburg, en Afrique du Sud. A 26 ans, elle a reçu le prix Albert Londres pour son reportage « Bienvenue chez Mugabe », publié dans XXI en octobre 2008.

Comment a débuté votre collaboration avec la revue XXI ?

Depuis longtemps, je voulais faire un reportage sur un exilé zimbabwéen qui retourne au pays après des années d'absence. A l'époque, j'étais encore en école de journalisme. Le rédacteur en chef, Patrick de Saint Exupéry, m'a dit que j'étais un peu jeune pour un projet de cette envergure. Il m'a orientée vers le site Internet de XXI. J'y ai publié deux articles qui lui ont plu. Il m'a donné le feu vert pour partir au Zimbabwe.

En quoi écrire pour XXI est différent d'écrire pour d'autres publications ?

Quand on pige pour la presse française, on a rarement le temps de préparer l'enquête qu'on va mener. XXI me donne le temps de préparer mes interviews et de lire des livres. La revue accorde beaucoup d'importance au style. Comme je travaille pour d'autres journaux, j'ai tendance à reproduire certains réflexes d'écriture qui ne collent pas à XXI. Par exemple, pour le prochain numéro de janvier, j'ai écrit un portrait de Jacob Zuma, le président sud africain. La première version n'a pas convenue à Patrick de Saint Exupéry. Il m'a dit: « Ca ne va pas, tu écris comme une journaliste !» En fait, il faut presque oublier sa condition de journaliste. Il faut s'imprégner du récit, décrire les faits avec une grande précision et diversifier l'écriture.

Le style XXI, c'est votre forme d'écriture idéale ?

Le grand format est quelque chose de très attractif qui offre des possibilités de récit intéressantes. Mais c'est extrêmement éprouvant. Quand on écrit 10 pages sur le même sujet pendant deux mois, c'est comme si on donnait une partie de soi. A chaque fois, j'ai l'impression d'accoucher dans la douleur! Sur une telle longueur, il faut réussir à trouver l'originalité, varier les tonalités et garder en haleine le lecteur. Avant même d'écrire le premier mot, on doit trouver le style adéquat. A la fin de la rédaction de mon reportage sur le Zimbabwe, je rêvais de mon sujet et je ne parlais plus que de ça. C'est passionnant mais très prenant.

Considérez-vous XXI comme un tremplin dans votre carrière de jeune journaliste ?

XXI a publié le reportage pour lequel j'ai été primée. Ca m'a notamment permis de collaborer avec le Monde Magazine. Mais six mois après, je ne peux pas dire que cette distinction a changé ma vie. Je ne veux pas que les choses changent parce que j'ai eu ce prix. Je suis toujours correspondante pour Courrier International et la Télévision Suisse Romande et pigiste pour, entre autres, La Croix, Télérama et Radio Canada. Ce n'est pas avec le prix Albert Londres que je paie mon loyer !

A lire sur le blog de XXI :

Un reportage de Sophie Bouillon sur le Zimbawe paru en janvier 2009



 

Edito - Décembre 2009

Rédactions en chaîne

Dans ce nouveau numéro de La fabrique de l'info, nous allons parcourir les coulisses d'un journalisme en pleine mutation. Un journalisme dans lequel nous mettrons les pieds l'année prochaine. Futurs maillons de la chaîne, nous avons choisi d'isoler ce qui compose la fabrication de l'information.

Dans la Salle des machines, prenons un peu de recul vis-à-vis des outils mis à notre disposition pour informer. Nous faisons le pari que Twitter deviendra un média à part entière, en tant que vecteur d'informations. Comment ce réseau social bouleverse notre rapport à l'actualité et son traitement ? Et que viennent y chercher les journalistes ?

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