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Webdocu: objet multimedia non identifié

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Webdocu: objet multimedia non identifié
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A la recherche d'une valeur ajoutée
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A la recherche d'une valeur ajoutée

« Ce n'est pas parce que vous mettez 12 photos mauvaises et une musique que vous faites un web documentaire. Beaucoup de webdocumentaires ne sont en fait que des diaporamas sonores. Pour moi un webdocumentaire, c'est du son, de la vidéo et des photos de qualité. Ce format recouvre aussi la notion d'interactivité, un critère peu représenté parmi les projets. Le webdocumentaire n'est pas un format passif, le spectateur doit pouvoir intervenir. »
Jean-François Leroy. Créateur et directeur du festival Visa pour l'image. Membre du jury de préselection du prix RFI France 24 du meilleur webdocumentaire.

« Oublions le mot "journaliste". Les journalistes font du reportage. Quand les journalistes font des webdocumentaires, ils deviennent "auteurs" »
Alexandre Brachet, directeur d'Upian, société de production multimédia.

Si aucune définition n'a encore été accréditée, une règle rassemble la majorité des webdocumentaires. Ces "objets multimédia" dépassent le cadre journalistique. En d'autres termes, pour qu'un webdocumentaire soit réussi, il lui faut une « valeur » ajoutée. La forme n'étant pas normée et encore largement au stade expérimental, il y a à peu près autant d'exemples que de productions différentes.
Chaque créateur de webdocumentaire a fait un choix de production pour valoriser le sujet journalistique qu'il traite. Certains misent sur l'aspect esthétique en donnant à leur documentaire une dimension artistique, presque poétique. D'autres encore jouent sur la dimension interactive du web et proposent des enquêtes lisibles à la carte par le spectateur. Les plus téméraires enfin sont allés jusqu'à transformer leur documentaire en véritable jeu de rôle.
La « valeur ajoutée » est devenue un élément indispensable au webdocumentaire. Pour que le produit fini ait un intérêt, la dimension journalistique seule ne suffit plus.


The ninth floor: entre enquête et oeuvre d'art
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Publié sur « mediastorm », le site de webdocumentaire du Chicago Post.


Réalisé en 2007 par Jessica Dimmock, ce webdocumentaire a nécessité presque trois ans d'investigation. Jessica Dimmock s'est immiscée dans la vie de plusieurs « junkies », à l'origine tous squatters du même appartement sur la très chic « Fifth Avenue » à Manhattan. Simple observatrice des faits, Jessica Dimmock est revenue avec des images criantes de vérité et des témoignages d'une intimité bouleversante. Une matière première riche. Rester ensuite le travail de réalisation.
Jessica Dimmock décide d'en faire un diaporama sonore. Les photos sont choisies avec soin, pour leur beauté et pour ce qu'elles disent des personnages. Il ne s'agit que de portraits et de scènes de vie. Elle superpose aux photos des interviews sonores. Il n'y a pas de commentaire. La journaliste n'intervient que très rapidement à travers des petits textes écrits qui rythment le récit pour donner quelques informations sur les personnages.
Le webdocumentaire de Jessica Dimmock est une oeuvre journalistique. C'est une fenêtre ouverte pour le grand public sur un problème de société contemporain. Mais le produit fini a presque autant de valeur en tant qu'objet d'art que de production journalistique.
Avec « the Ninth floor », on se situe vraiment à mi-chemin entre l'oeuvre d'art photographique et le reportage photo.

Le plus : le produit fini est une véritable création artistique.
Le moins : la musique peut paraître parfois superflue et gêner la lecture de certains spectateur. Elle empêche de se sentir plongés dans la vie de ses personnages.

emiland2L'avis d'Emiland

« Un webdocu, c’est comme un documentaire. Derrière, il y a une démarche d’auteur. Et ce n’est pas forcément de l’actu chaude qui est traitée. Par exemple, si je vais couvrir une manif, que je prends des photos, un peu de son, j’en fais pas un webdocu. Peu à peu, le distinguo commence à se faire… »

Thanotorama: plongez au coeur du sujet
thanatoramaok
De Julien Guintard, produit par Alexandre Brachet (Upian), aidé par la bourse "brouillon d'un rêve numérique" de la scam. Finaliste du Flash Festival 2007, dans la catégorie Arts Graphiques

« Une aventure dont vous êtes le héros mort ». Le pitch annonce tout de suite la couleur: En visionnant ce reportage, vous êtes sur le point de vivre une expérience quasi sensorielle. L'idée de Julien Guintard est simple mais très innovante. Pour faire un reportage sur les métiers qui entourent la mort (pompes funèbres, thanatopracteurs, crématorium, etc), il a décidé de partir du personnage principal de l'histoire: le mort. Et en l'occurence le mort, c'est le spectateur. Le webdocumentaire raconte étape par étape le circuit d'un cadavre, de la table du thanatopracteur au cimetière. Comme s'il s'agissait du jour de sa propre mort, le spectateur qui prend toutes les décisions. Ainsi, on peut choisir entre le crematorium ou le cimetière, ou encore de passer par la case église ou non. Si l'expérience est amusante, l'apport d'information est bien présent. La voix off du reportage guide le spectateur du début à la fin et reste centrée sur le sujet du reportage: les hommes et les femmes qui travaillent tous les jours dans le circuit de la mort.

Le plus : l'angle ludique choisi permet de se détacher de l'aspect dramatique du sujet et de rester beaucoup plus attentif aux informations données par le documentaire
Le moins : le commentaire ininterrompu et l'absence de témoignage trouble l'immersion dans le sujet.

Honkytonk : les webdocumentaires dont vous êtes le héros
honkytonkok
Honkytonk est la maison de production basée à Paris. Ils ont produit « Voyage au bout du charbon », le webdocumentaire sur les mines chinoises, publié par lemonde.fr

Les webdocumentaires de Honkytonk font partie de la nouvelle génération d'interactivité. Le spectateur prend la place du journaliste qui mène son enquête. Il prend lui même ses décisions, il a le choix d'écouter ou non les interviews, d'aller voir tel ou tel endroit, de consulter une carte ou d'avoir des informations complémentaires en cliquant sur des icônes de documentation. Le spectateur/journaliste ne peut jamais revenir en arrière quand il a fait un choix. Avec ce genre de webdocumentaire, on se situe vraiment à la frontière du jeu vidéo.


Le plus : ce type de documentaire est totalement innovant et stimule l'attention du spectateur
Le moins : le côté ludique cache parfois un manque de fond. Qu'apprend-on au final?

emiland2L'avis d'Emiland

« Pour l’instant, la forme joue énormément. Elle intéresse presque plus que le contenu. Pour Voyage au bout du charbon par exemple, on s’est beaucoup extasié devant l’interactivité. Mais finalement, il y a peu de contenu. Quand Mac a sorti ses polices funkies, au début tout le monde faisait des flyers ou des affiches avec. Pourtant c’était horrible. Là, c’est un peu comparable. Il y a un nouveau joujou et parfois ça va trop loin. Sur la forme, le webdocu est encore quelque chose qui est en train de se chercher.»



 

Edito - Décembre 2009

Rédactions en chaîne

Dans ce nouveau numéro de La fabrique de l'info, nous allons parcourir les coulisses d'un journalisme en pleine mutation. Un journalisme dans lequel nous mettrons les pieds l'année prochaine. Futurs maillons de la chaîne, nous avons choisi d'isoler ce qui compose la fabrication de l'information.

Dans la Salle des machines, prenons un peu de recul vis-à-vis des outils mis à notre disposition pour informer. Nous faisons le pari que Twitter deviendra un média à part entière, en tant que vecteur d'informations. Comment ce réseau social bouleverse notre rapport à l'actualité et son traitement ? Et que viennent y chercher les journalistes ?

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