Bannière
Vous êtes ici : Accueil » Sans étiquette » Ils sont légion et alors ?

Ils sont légion et alors ?

Envoyer Imprimer PDF

Dans la presse, les décorations honorifiques sont à la mode. Ce n'est pas nouveau, mais de plus en plus de journalistes se font épingler la Légion d'Honneur, là, près du cœur. S'il y a mode, c'est pour deux raisons: la breloque fait débat quand un journaliste la reçoit et il s'agit d'une spécificité française.

legiondhonneur

Ils sont 285 "journalistes" à être inscrits à l'Ordre national du mérite ou aux différents grades de la Légion d'Honneur selon une liste fournie (document à télécharger eb bas de page) par la Société d'entraide des membres de la Légion d'Honneur (SEMLH). Tous ne sont pas exactement journalistes: publications irrégulières, collaborations éphémères, accession à des postes d'éditeur, de patron de presse ou la fonction de journaliste-écrivain suffisent à être répertoriés dans cette "liste de journalistes".

La secrétaire de cette association paraît rodée. Laurence Pauvert reçoit couramment des appels de journalistes qui enquêtent sur leurs confrères devenus légionnaires. Elle a donc tout naturellement préparé cette liste.

A noter qu'au terme d'une pioche hasardeuse parmi cette liste de patronymes, pour la plupart anonymes, on s'aperçoit que "les mérites éminents rendus à la nation" de nombre de ces décorés font référence à un fait de guerre, comme Edmonde Charles-Roux, infirmière volontaire pendant la guerre, puis aux origines du magazine Elle et pilier du renouveau de Vogue, ou à une vie associative particulièrement active. Frédéric Edelmann rentre au Monde en 1977 et co-fonde l'association AIDES. Parfois être médaillé ressemble aussi à une affaire de famille: Valérie-Anne Giscard d'Estaing, éditrice, fille de.

René Charpentier, directeur des service de la SEMLH, simplifie le tout: "L'obtention de la Légion d'Honneur est très difficile, donc c'est peut-être pas en tant que journalistes que certains la reçoivent. Mais Napoléon Bonaparte voulait récompenser les citoyens les meilleurs dans leur domaine; c'est normal que les meilleurs journalistes soient récompensés." La porte reste ouverte à toutes les interprétations.

La rosette, symbole de soumission ?

Pour évaluer la connivence entre un pouvoir politique en place et un journaliste ou encore l'allégeance de ce dernier, la tâche s'avère plus ardue. Le copinage ou le ménage relève très souvent d'une proximité sur les bancs de l'école. Il faudrait donc éplucher les photos de classe de ces chérubins... Fastidieux.

Et puis l'allégeance, comme le précise José Tomas, chef du bureau de gestion de la Légion d'Honneur à la Grande Chancellerie, elle est toute relative: "A l'origine, la décoration s'accompagnait d'un serment de fidélité, que l'on peut considérer comme une forme d'allégeance; mais après chacun réagit comme il l'entend."

Remarque: la médaille précède ou suit de près l'obtention d'un poste à responsabilités et, de surcroît prestigieux. Il en est ainsi de:

  • Roland Faure, journaliste et patron de presse et d'entreprises audiovisuelles français, PDG de Radio-France de 1986 à 1989, créateur en 1987 de France Info et surtout membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel en 1999 lorsqu'il est promu officier de la Légion d'Honneur, de l'Ordre National du Mérite, et des Arts et Lettres.
  • Daniel Bilalian, présentateur périodique du JT de France 2 jusqu'en juillet 2004 lorsqu'il devient directeur de la rédaction des sports de France Télévisions. En 2005, Daniel Bilalian est fait chevalier de la Légion d'Honneur.

  • Françoise Laborde, en chef de différents service économiques sur les chaînes privées comme publiques jusqu'en 1995, est nommée par Nicolas Sarkozy Officier de l'Ordre national du mérite en 2009, année où elle se marie avec Jean-Jacque Pâris, ancien dirigeant Canal+ Belgique et I Télé, et où elle prend poste au sein du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

  • Patrick de Carolis, PDG de 2005 à 2010 de France Télévisions. L'homme de Zone Interdite sur M6 ou Des racines et des ailes sur France 2, rentre dans les ordres dans le même temps qu'il publie Conversation une autobiographie de Bernadette Chirac, dont il se sent proche.

  • Philippe Reinhard, journaliste politique, auteur de Bernard Tapie ou la Politique au culot et de Brice Hortefeux le mécano de Sarko, est promu commandeur en juillet 2008.

  • Ou encore Claire Chazal, "biographe d'Edouard Balladur, [qui] admet être ''comme frère et soeur'' avec Renaud Donnedieu de Vabres, ministre UMP de la culture [...] qui [lui] remit ses insignes de chevalier de la Légion d'honneur en 2004 en présence Mme Chirac, de M. et Mme Raffarin et de Nicolas Sarkozy" (Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi, Liber-Raisons d'agir, 2005, p.31-33).

Pour en savoir plus, le site d'observatoire des médias Acrimed a publié en juillet 2010 un article intitulé : Légion d’honneur et Ordre du Mérite pour journalistes et dirigeants de médias (2005-2010)

La liste est longue et pas forcément représentative ni très parlante. Et même si "certaines nominations sont parfois le ''fait du Prince'', [...] globalement, 95% du temps, les gens qui l'ont la méritent", contrebalance René Charpentier.

Laurent Mauduit, journaliste pour Médiapart.fr, est, lui, plus nuancé : "dans la presse, ces dernières années, la Légion d'honneur a prospéré." (article paru le 06/01/2009)

Le témoignage de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur fait chevalier le 2 mars 1989, peut tenir lieu d'explication sur ce phénomène quelque peu nouveau: "Un jour, explique-t-il, Roland Dumas m'a dit que le président [Mitterand] en avait assez d'accorder des quantités de Légions d'honneur presque exclusivement à des militaires et qu'il me demandait d'accepter une décoration, sachant que je ne l'avais jamais souhaitée. Touché par la lettre qu'il avait pris soin d'écrire, je ne pus qu'obtempérer. D'ailleurs, à partir du moment où c'était le président qui souhaitait me remettre lui-même une décoration, il n'était plus question pour moi de la bouder" (Jean Daniel, Cet étranger qui me ressemble, Paris, Grasset, 2004, p.158-159)

Aussi "c'est pour ne pas désobliger Hubert Védrine, Ministre socialiste des Affaires étrangères en 1998 que Jean-Pierre Elkabbach accepta de recevoir la breloque des mains de ce dernier", avance Serge Halimi (ibid).

Il s'agit là, pour ces Français journalistes, présentateurs et autres éditorialistes de ne pas se faire taxer par la corporation de complaisance ou pire d'obséquiosité. Mais se dédouaner ainsi ne peut que s'accompagner du sempiternel "je ne savais pas; je l'ai appris le jour où j'ai vu nom dans le journal officiel". C'est la ligne de défense de nombreux nominés. Parmi eux, Françoise Fressoz, Marie-Eve Malouines (chef des services politique du Monde et de France Info) ou encore Arlette Chabot (chef du service politique de plusieurs médias avant de devenir directrice de la rédaction de France 2 de 2004 à 2010).

Deux options, parmi d'autres, pour justifier de tomber des nues : la honte, dont la couleur rappelle celle du bandeau de la médaille pour Léo Ferré, ou encore se poser en victime de sa propre popularité. En ce qui concerne les motivations personnelles de ces journalistes, difficile de statuer ; à vous de juger.

A ce sujet, la Grande Chancellerie et la SEMLH ne s'accordent pas. José Tomas, pour la première, est catégorique: "C'est tout à fait vrai que des futurs récipiendaires ne soient au courant de leur nomination qu'au dernier moment. Au contraire, c'est même plus rare que les gens soient au courant. Un nom est soumis au ministre, ou à un de ses services, puis ça remonte jusqu'en haut. C'est une procédure qui peut prendre 12 à 18 mois. Puis il y a la publication. Que les gens voient leurs noms dans le Journal Officiel, le jour de la nomination, c'est le cas le plus général."

René Charpentier, pour la SEMLH, se veut plus honnête quant à la présentatrice vedette de A vous de juger : "Dans l'esprit du créateur [de la Légion d'Honneur, ndlr], il s'agit de représenter la France. Arlette Chabot représente une journaliste connue au national et même à l'international." Blanchie de tout soupçon de connivence à ses yeux, ce dernier ne comprend absolument pas l'effet dit de surprise des promotions: "Je suis assez sceptique quand certains disent qu'ils n'étaient pas au courant de leur nomination. Je n'y crois pas. Ils disent cela car ils sont gênés. Pour quelqu'un qui est responsable dans le secteur de la communication ou de l'administration et qui rentre dans les possibles attributions, ça fait bien de dire qu'on n'est pas au courant".

Françoise Fressoz et sa consoeur Marie-Eve Malouines, s'en tirent, elles, avec bien plus d'honneur que ce que la médaille aurait pu leur apporter. Comme Arlette Chabot, la première n'était pas au courant : "De retour de congés, j'ai découvert avec étonnement que je figurais sur la liste de la promotion du 1er janvier de la Légion d'honneur", déclaration AFP.

Mais elle a décliné l'invitation à inscrire son nom sur le Livre d'or du Palais de Salm, berceau de la Légion. "Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l'obligation de refuser cette distinction."

Marie-Eve Malouines a, elle aussi, refusé d'être épinglée en des termes similaires. Le tout relatif relai dont a fait l'objet ce communiqué AFP a valu aux deux journalistes les louanges d'une bonne frange de la classe médiatique quand Arlette Chabot se retrouve contrainte de se justifier lors d'audiences publiques.

Journalistes français, suppôts du prestige ?

Mais pourquoi le journaliste français court-il ou fuit-il cette décoration somme toute mythique? Sommes-nous encore une fois victimes de la "French touch" ? Tout porte à le croire.

Aux Etats-Unis, de nombreux prix, comme le Pulitzer, sont décernés aux journalistes « méritants », si tant est qu'un tel adjectif ait encore un sens.

"Beaucoup de journalistes ont reçu la Presidentiel Medal of Freedom, remise par le gouvernement. Mais aucun de ces journalistes ne peut être vu comme "complaisant". Au contraire, Ed Murrow a défié directement le gouvernement", explique Tim Sallinger, journaliste indépendant à Chicago. En effet, tout le monde se souvient du Good Night and Good Luck d'Edward Murrow et de son combat contre le MacCarthisme. Au rang des médaillés figure aussi Walter Cronkite, remercié pour ses couvertures sans concession de l'assassinat de Kennedy, d'Apollo 11, du Watergate, etc.

Bruce Crumley, correspondant à Paris pour le Time, complète: "Aux Etats-Unis, si on est riche on a du prestige". Pas besoin, donc, de médaille.

Même son de cloche chez les Italiens. Pour la correspondante parisienne d'Il Manifesto, "la Légion d'Honneur est une exception française". Pietro Castelli, titulaire d'une thèse sur les rapports médiatico-politiques en Italie, approfondit quelque peu la situation chez les Transalpins : "le Président de la République peut remettre la ''Médaille du mérite de la culture et des arts'' à des journalistes. C'est très souvent post-mortem. Je ne serais pas surpris si, par exemple, un journaliste anti-mafia la recevait, après avoir été assassiné. Mais c'est différent de la situation en France, car son sens politique n'est pas très simple, sachant que ça dépend de l'opinion politique du président de la République. »
Oriana Fallaci, par exemple, a reçu cette médaille le 14 décembre 2005, sous la présidence de la République de Carlo Azeglio Ciampi. Journaliste de la résistance, maquisarde en rébellion contre Benito Mussolini, elle s'est illustrée pour ses interviews de célébrités politiques et pour les sujets tabous qu'elle a mis au jour de la société italienne comme l'avortement, le rôle de la femme dans la société, l' homosexualité, l'intégration raciale, la guerre ou l'oppression dictatoriale. Malgré ses dernières prises de position radicales dans l'après 11-septembre-2001 envers l'Islam et ses pratiquants, elle n'en reste pas moins une journaliste respectée de part et d'autre de l'échiquier politique comme dans l'opinion publique.

Finalement, quels sont les réels avantages à être affublé de la médaille de la Légion d'Honneur pour son récipiendaire, surtout lorsque celui-ci est journaliste ? Certainement pas l'argent : en 2009 la rente annuelle insaisissable était de 6,10€ pour un chevalier, 9,15€ pour un officier, 12,20€ pour un commandeur, 24,39€ pour un grand officier et 36,59 pour un grand-croix... Même pas de quoi se payer une soirée en présence des éminences du club du Siècle !

Alors, mieux que de se poser la question "courir ou ne pas courir après", ou encore "accepter ou refuser", il serait préférable pour le journaliste de n'en faire que peu de cas de la rosette tant convoitée, car ce qu'elle fait miroiter n'est pas bien reluisant. Du débat sur de l'air. Et si tant est qu'on y accorde de l'importance, rappelons ces mots de Bonaparte lui-même, qui, en conseil d'Etat, justifiait cette institution: "Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes".

Ce qu'ils en pensent...

Les collaborateurs du Canard Enchaîné refusent depuis toujours les décorations, et surtout la Légion d’honneur. L'un d'eux, Pierre Scize, fut renvoyé du journal en 1933 pour l’avoir acceptée bien qu'elle lui fut décernée à titre militaire.

Pour Léo Ferré, c'est un « ruban malheureux et rouge comme la honte ».

Marcel Aymé, lui, l'a refusé « [...] pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi désirables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens. »

Jacques Prévert, à l'attention d'Aragon, qui l'avait refusée: « C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée. »

Céline, dans Voyage au bout de le nuit: « Pour les ravigoter, on les remonte, les riches, d'un cran dans la Légion d'Honneur comme un vieux nichon et les voilà occupés pendant dix ans encore ».

Partager cette page

Attachments:
FileDescriptionFile size
Download this file (Journalistes Décorés.pdf)Journalistes Décorés.pdfListe des journalistes décorés depuis 197038 Kb

EN BREF

Prev Next

Le couperet tombe pour Charlie Hebdo

La société éditrice de Charlie Hebdo a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris pour licenciement abusivement envers le caricaturiste Siné. Maurice Sinet  avait été remercié après la publication d'une chronique le 2 juillet 2008 ironisant sur une possible conversion de Jean Sarkozy au judaïsme. Selon Philippe Val, directeur de publication de l'époque, ces propos pouvaient être perçus comme antisémites. Les éditions Rotatives devront verser 40 000 euros de dommages et intérêts à l'intéressé pour préjudices économique et moral, et publier leur condamnation dans l'hebdomadaire.

Un caricaturiste traîné en justice par le président sud-africain

Le président sud-africain, Jacob Zuma, réclame 4 millions de rands (soit près de 450 000 euros) de dommages et intérêts au South Africa’s Sunday Times et un million de rands au dessinateur Jonathan Shapiro. En cause : une caricature publiée dans le journal en septembre 2008. Sur ce dessin, le président est représenté le pantalon au niveau des chevilles et s’apprête à violer une femme symbolisant la justice. Une caricature qui aurait, selon lui, endommagé sa réputation, alors qu’il s’apprêtait à entrer en campagne pour devenir président.

RSF récompense le journalisme indépendant

Le prix de la liberté de la presse 2010  a été décerné par Reporters sans Frontières et la Fnac au journaliste iranien Abdolreza Tajik, ainsi qu'à la station de radio somalienne Radio Shabelle. Abdolreza Tajik, membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, a été responsable des pages politiques dans de nombreux journaux interdits par les autorités iraniennes. Il est aujourd'hui consacré pour la qualité de son travail et son engagement pour la défense de la liberté de la presse en Iran.  Incarcéré pour la troisième fois en juin 2010, il est toujours en prison. Radio Shabelle est la station  privée la plus réputée de Somalie pour son indépendance. Quatre de ses journalistes ont été assassinés en 3 ans, dont son fondateur Mokhtar Mohamed Hirabe.

La fin du règne de Larry King

 Le roi du talk-show made in USA fera sa dernière émission vendredi 17 décembre sur CNN. Après 25 ans de carrière et plus de 50 000 interviews, Larry King et ses célèbres bretelles prennent leurs retraites. King est une véritable icône aux Etats-Unis. De Nixon à Obama, tous les présidents américains se sont succédés sur le fauteuil mythique du show de Larry King, avec des audiences pouvant aller jusqu'à 20 millions de téléspectateurs. La chaîne a réservé à son vétéran un final digne du King Larry.

En Hongrie, un projet de loi menace les journalistes et leurs sources

Il n’y a pas que les journalistes français qui rencontrent des problèmes lorsqu’il s’agit de protéger leurs sources. L’ENPA (European Newspaper Publishers Association) a exprimé des craintes, lundi 13 décembre 2010, sur un tout nouveau projet de loi du gouvernement hongrois. Si la loi venait à être votée, la liberté de la presse dans le pays serait grandement limitée puisqu’il deviendrait possible de condamner à de lourdes sanctions les journalistes et les entreprises de presse qui refuseraient de partager l’identité de leurs sources ou qui délivreraient des informations que le gouvernement considèrerait comme peu convenables.

Qui sont les "sans-télés" ?

Dans son dernier livre Pas très cathodique. Enquête au pays des "sans-télé" (Éditions Erès, Sociologie clinique), le sociologue Bertrand Bergier s'est intéressé aux 2% de Français réfractaires au petit écran. De 2006 à 2009, il est parti à la rencontre de 566 de ces familles pas très cathodiques. Etudiants, sexagénaires retraités, ouvriers ou employés, ils ont tous abandonné le téléviseur " par choix " et non par économie. Ils ne sont pas coupés du monde non plus puisqu'ils " investissent beaucoup dans Internet et la presse ", dixit l'auteur.

Le "Gotha noir"

A la manière du Who's Who, la bible du contact professionnel listant chaque année les 22 000 personnes contribuant au rayonnement de la France, la communauté noire a lancé son propre catalogue : le "Gotha noir". Il recense 200 femmes et hommes " au parcours exemplaire " et ayant "au moins un parent noir". Ce livre est édité par Club Efficience, un cercle de réflexion oeuvrant pour une meilleure visibilité des Noirs dans la société française.

EcuRed : le monde selon Castro

Elle a près de 20000 articles, elle est élogieuse quand elle parle des dirigeants cubains et très critique quand elle parle des États-Unis, c'est, c'est , c'est... une nouvelle encyclopédie en ligne. Inaugurée très officiellement par le gouvernement cubain mardi 14 décembre, elle a l'ambition de concurrencer Wikipédia pour apporter un regard "décolonisateur" sur le monde et l'histoire. EcuRed, c'est son nom, reprend dans les grandes lignes le design de l'encyclopédie participative pour "créer et diffuser le savoir de tous et pour tous, depuis Cuba et avec le monde". Comme Wikipédia, tout le monde peut contribuer à cette somme de connaissances, mais c'est à la condition de s'être enregistré et pour cela, il faut avoir une adresse mail cubaine... L'étape suivante reste bien sûr que la contribution soit acceptée par un modérateur. Alors que les États-Unis y sont dépeints comme un "empire contemporain" qui a historiquement pris "par la force des territoires et des ressources naturelles d'autres nations", Fidel Castro y est dépeint comme un phare spirituel pour le monde entier : "Il participe désormais au débat d'idée à l'échelle mondiale. Avec son autorité morale, il influence des décisions importantes et stratégiques sur la révolution." Tous ces "articles objectifs" convaincront-ils les internautes ?

L'actu médias en quelques clics

Les sources d'information médias sont multiples et nombreuses. Suivre l'évolution de ce petit monde en mutation peut être difficile tant il faut avoir l'oeil partout. Voilà pourquoi La Fabrique a décidé de rassembler en une seule page plus de 50 des principaux sites et blogs d'information traitant de l'actualité des médias et de réflexion sur son avenir. Ce rassemblement est évolutif, la rédaction est à l'écoute de suggestions pour améliorer ce concentré d'informations.